À l’époque considéré comme un défaut d’ampli, les effets de distorsion sont maintenant omniprésents dans les productions musicales. Le fuzz et ses pédales dédiées dont nous allons vous parler aujourd’hui ne fait pas exception.
Cet effet qui se base principalement sur un long sustain des notes jouées est très apprécié dans le rock psychédélique. Mais qui dit popularité dit forcément beaucoup de produits et de choix.
Et c’est là que nous arrivons. Sans forcément nous vanter, vous arriverez grâce à nous à vous y retrouver dans tout ça. Vous apprendrez même à vous passer de nous en lisant la suite, c’est dire si on est sympa.
Pédale de fuzz SF300 de chez Behringer – Pédale low-cost, pas low-quality
Elle a vraiment l’air d’une pédale
La SF300 se distingue de ses concurrents en premier lieu sur ça… Et sur le fait qu’elle fait extrêmement cheapos. Fashion victim, passez votre chemin.
Par contre, si vous êtes adeptes du pratique et pas cher, n’allez pas plus loin. 4 potards, 3 modes et vous avez là le meilleur rapport options/prix du marché.
Elle ne fait pas dans la dentelle
Deux types de fuzz, un classique et un autre Grunge qui envoient un son vibrant. Un mode boost de gain qui repousse les limites.
Cette pédale est faite pour les amoureux du fuzz de la première heure et qui veulent sentir le sustain jusque dans leur corps. On vous prévient tout de même : le gain dans n’importe quel mode est immense. Ça sonne fort.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- Le prix. Pour ce qu’elle propose, c’en est presque du vol
- Deux types de fuzz en un, on n’en demandait pas tant
- Le mode boost est très bon, on pourrait même l’acheter juste pour ça
- Peut fonctionner sur secteur ou à pile ce qui peut être utile lors de déplacements
- Le son qui arrache
Les inconvénients sont
- La finition est clairement à revoir. Mais pour le prix, on est prêt à l’accepter
- L’emplacement des piles n’est vraiment pas accessible, c’est pourtant une bonne idée
- Les potards ont du mal à se laisser tourner
Pédale de fuzz Green Russian Big Muff Pi de chez Electro Harmonix – Imiter Hendrix sans en payer le prix
La belle russe (américaine)
Plus un remake qu’un remaster du modèle des années 90, cette Big Muff reprend les forces sonores de son aînée dans un nouveau châssis.
Métallique à souhait, sa finition est plus que correcte et sa petite taille permet de l’emporter plus facilement qu’avant.
Nous, on aime bien, mais ça peut aussi être vu comme un défaut si vous n’êtes pas habitués. Niveau contrôles, les potards répondent correctement mais le switch est dur à l’activation. Comme avant quoi.
Vraiment comme avant ?
On retrouve le gras qu’on a aimé dans l’original, et même plus. Il est assez facile de trouver son propre sweet spot au feeling grâce à la range impressionnante qu’elle déploie.
En contrepartie, des réglages plus fins et éduqués seront plus difficiles à cause du manque de précision des potards. Un défaut qui ne touchera heureusement que les pros à qui cette pédale n’est de toute façon pas adressé.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- Une version supérieure à l’originale en plus petit
- Robuste, jusqu’à un point
- Un son agressif et brillant en sortie, tout ce qu’on aime
- Un look métallique qui plaira à beaucoup
- Une grande plage de fuzz possible…
Les inconvénients sont
- … trop peut-être, ce qui rend les réglages subtils difficiles.
- Problème récurrent avec Electro Harmonix, l’alimentation peut être défectueuse
- Introduit pas mal de souffle dans la chaine d’effet
Pédale de fuzz DOD Carcosa Fuzz de chez Digitech – Le meilleur rapport qualité/prix
Une jolie pédale
On n’a pas honte de l’avouer, on aime bien les motifs sur le châssis. Et pas que. Cette petite pédale pourra s’installer dans n’importe quel rack ou rester solo sans aucun soucis.
La finition quant à elle est bien faite et le boitier métallique donne un peu de cachet à l’ensemble. On regrette l’emplacement des piles qui est trop difficile d’accès. Ça a l’air d’être un problème récurrent dans les pédales de ce top.
Des sons polyvalents
Elle en a aussi dans le ventre, et pas qu’un peu. Pouvant rester dans un fuzz clean jusqu’à se jeter dans les méandres du fuzz boueux, elle conviendra à beaucoup de morceaux.
Toutefois, cette polyvalence ne va hélas pas jusqu’aux extrêmes qu’on aime entendre. Oubliez donc le doom. Par contre pour ce prix, on ne fera pas la fine bouche.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- Une polyvalence dans les tons fuzz qu’elle propose
- Polyvalence aussi dans les types d’instruments qu’elle peut accompagner
- Le rapport qualité/prix est VRAIMENT avantageux
- Une pédale bien finie qui semble plus que robuste
- On la trouve plutôt jolie, même si c’est assez subjectif
Les inconvénients sont
- Polyvalence certes, mais elle peine énormément dans les extrêmes
- Alimentation non fournie et l’encart à pile est difficile d’accès
- Beaucoup d’options, mais il faut aller chercher le mode d’emploi en ligne
Pédale de fuzz Ram’s Head Big Muff Pi de chez Electro Harmonix – La nostalgie à un prix réduit
On retrouve le modèle de 73
On retrouve avec plaisir les couleurs de la V2 Violet de 73 et les formes modernes des rééditions récentes, comme la Green Russian ou la Triangle.
Les finitions sont plus que correctes pour le prix, comme pour la Green Russian. Ce qui n’est pas comme la Green Russian, en fait, c’est le son.
Un contrôle des tonalités précis
On se retrouve ici avec une distorsion fuzz soyeuse et chantante. On parle souvent de sweet spot sur les autres pédales, lorsqu’un réglage sonne bien. Ici, point de sweet spot, car tous les réglages sonnent bien.
C’est assez plaisant de tourner un potard et d’avoir une nouvelle sonorité agréable à l’oreille. Mais quoi qu’on en dise, le son qui en sortira sera celui de la Ram’s Head, et pas un autre.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- L’attaque n’est pas complètement perdue lorsqu’on sustain à l’infini
- Facile d’utilisation
- On retrouve avec plaisir les tons de nos artistes préférés
- Un très bon rapport qualité/prix
- Pour changer, les basses sont beaucoup plus clairs que les autres Big Muff
Les inconvénients sont
- Un souffle bien présent. On conseille d’investir dans un noise gate
- Il est difficile de régler le gain, probablement ce qui cause le souffle
- On peut lire ici et là qu’elle est versatile dans le son qu’elle propose. Ce n’est pas vrai, hélas
Pédale de fuzz Jimi Hendrix Fuzz Face Mini de chez Jim Dunlop
Un design surprenant
On s’est tous plus ou moins habitués à voir des pédales rectangulaires. Et pour cause : les racks le sont aussi. Alors quand on a vu cette pédale ronde, on a d’abord grincé des dents.
Et on grince toujours, mais un peu moins parce que la finition est correcte tout en étant robuste.
Et au niveau du son ?
Là encore, c’est assez surprenant. Pas forcément dans le bon sens du terme cela dit. Nous, on aime bien, mais on comprend aussi ceux qui trouvent qu’il lui manque une certaine sonorité crasse.
Pensez à bien écouter et réécouter différents tests audio concernant cette pédale. Si votre choix se porte encore sur elle, vous aurez une bonne pédale qui envoie pas mal et qui s’additionne bien à un overdrive.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- On aime bien le switch de biais qui permet une activation du pied plus facile
- Un respect de la guitare qui peut ne pas plaire à ceux qui aiment quand ça tâche
- Taille mini qui permet de la transporter facilement
- Un boitier solide qui tient bien les chocs
- Très simple d’utilisation…
Les inconvénients sont
- … mais on sent qu’on paye plus la marque et le renom que les options
- Ne plaira vraiment pas aux adeptes hardcore du fuzz
- Sa forme ronde n’aide vraiment pas à la placer correctement dans un rack
Pédale de fuzz PDF-2 de chez Stone Deaf – La pédale avec le plus de possibilités
Une première impression ratée
L’esthétique, surtout de loin, donne un air de jouet à l’objet. Ce sont surtout les polices utilisées qui donnent cet effet. Une fois en main, la pédale devient bien plus agréable.
Le feeling une fois guitare en main est complètement différent et on oublie bien vite la mauvaise impression de départ.
Des contrôles confus mais très complets
Avec autant d’options sur une si petite surface, on a tôt fait de se perdre en réglage. Toutefois, une fois qu’on a maitrisé l’engin, c’est une toute autre histoire.
Les nuances dans les réglages se font d’un coup beaucoup ressentir et on prend beaucoup de plaisir à chercher le son parfait. Pour les nerds assumés du son.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- Beaucoup de nuances possibles grâce aux différentes options offertes
- Une qualité qui est au rendez-vous pour le prix
- Une conception robuste qui tient la route
- Plusieurs modes pour ne jamais se lasser
- Un son puissant et bien défini en dépit de son registre
Les inconvénients sont
- Uniquement utilisable sur secteur avec une alimentation qui n’est pas fournie de base
- Certains tests laissent à penser que certains lots sont défectueux, ce qui pourrait vous arriver
- Malgré une coque en métal qui rend bien dans la main, de loin l’aspect laisse à désirer
Pédale de fuzz SF01 Slash Octave Fuzz de chez MXR – L’analogique a encore de beaux jours devant lui
Un design vintage qui fait du bien
Dans le trop moderne d’aujourd’hui, cette pédale revient un peu en arrière pour nous inspirer. Juste ce qu’il faut pour se remémorer les premières fois qu’on a sorti nos grattes dans le garage des parents.
Et on revient vite au présent et on regrette un petit peu les avancées technologiques de maintenant.
Un fuzz qui pêche
On a droit ici à une pédale d’octaver plutôt que de distorsion fuzz pure.
Ce qui en soi n’est pas forcément un défaut, mais l’ajout du fuzz dans l’équation n’est pas forcément évidente quand on voit son prix et le résultat final. À la limite, si vous avez besoin d’ajuster vos octaves, vous aurez un fuzz sympa.
En résumé, les avantages de cette pédale sont
- Pédale entièrement analogique. Ça peut être un défaut comme un avantage, pour nous c’est vraiment cool
- Un traitement du son excellent
- Un petit plaisir vintage comme on n’en fait plus
- Des sonorités plutôt intéressantes dans l’ensemble
- On dénote une résistance importante aux lâchers par inadvertance alors qu’on s’amusait à se le lancer
Les inconvénients sont
- Des commandes confuses qui ne se laissent pas dompter facilement pour un rendu finalement pas incroyable
- L’octaver fuzz n’est finalement pas si fuzz que ça
- Pas de possibilité de fuzz sans octaver du coup
Les critères à surveiller lors de l’achat d’une pédale de fuzz

Le principe de la pédale de distorsion ne date pas d’hier. C’est donc logique que le marché soit rempli d’offres incroyables qui valent toutes le coup d’être jouées. On vous aide à vous y retrouver.
Le son, évidemment
C’est le plus important. Chaque pédale produit une distorsion différente. L’une peut accentuer les aigus ou au contraire les écraser tandis qu’une autre se démarquera par des médiums plus robustes.
Beaucoup préfèrent leur fuzz sale entrainant un maximum de sustain, jouant au maximum sur l’effet de larsen produit. D’autres préfèreront des tonalités plus douces. Notre conseil : toujours écouter le résultat final avant d’acheter.
La durabilité de la pédale

C’est un point important qu’il faut absolument prendre en compte. En effet, on parle de pédale parce qu’on l’allume du pied (généralement). Et on l’allume lorsque l’on joue et qu’on est souvent pris dans le moment.
Être soigneux avec sa pédale requiert beaucoup de maitrise de soi et c’est pour cela que la plupart des pédales sont très résistantes.
Mais la résistance est souvent relative à la force de son acheteur. Privilégiez toujours un châssis métallique si vous pouvez vous le permettre.
Les traitements disponibles
La règle d’or est que, plus il y a de switchs et de potards, plus la pédale vaudra cher. Demandez-vous bien avec l’achat ce que vous comptez en faire et surtout si ça vous sert.
Trop d’options ne feront, à la longue, que vous rendre fou si vous ne savez pas ce que vous faites.
Le multi-usage

On en parle rapidement, mais si vous ne souhaitez pas (ou ne possédez pas) avoir plusieurs racks pour différentes distorsions, il est possible de trouver des pédales qui en proposent plusieurs d’un coups.
Il faudra en général y mettre un prix conséquent pour avoir quelque chose de potable cela dit.
F.A.Q
Aurais-je le même son que mes musiciens préférés avec n’importe quelle pédale ?
Hélas non. Chaque pédale produira une distorsion différente et il faudra souvent posséder la même pédale qu’eux pour arriver au même résultat. En plus des autres pédales qu’ils pourraient utiliser évidemment.
Pourrais-je brancher ma basse électrique sur les pédales présentées ?
La connectique est la même, oui. Le rendu, en revanche, ne sera pas forcément intéressant à la fin. N’hésitez pas à jeter un œil sur les compte-rendus d’autres musiciens pour vérifier.
En conclusion…
Ici, c’est assez facile de vous conseiller. Vous ne pouvez tout simplement pas vous tromper en prenant la SF300 de Behringer.
Tout y est, pour un prix dérisoire, surtout si vous êtes débutant et que vous n’avez pas encore formé d’élitisme dans la finition de vos produits.
Au final, une pédale de fuzz, c’est comme un compagnon d’aventure. Le meilleur moyen de les départager, c’est de prendre celui qui ne vous lassera jamais.
Il faut que la distorsion qui sort de votre ampli vous prenne jusqu’au corps et rentre dans votre âme de musicien. Le reste n’est qu’accessoire (et un problème de moyens aussi).














