Lorsqu’il s’agit de choisir un micro, il est nécessaire de bien cibler l’utilisation que l’on peut en faire. Si vous lisez cet article, c’est que vous connaissez déjà les raisons qui vous orientent vers un micro à condensateur plutôt qu’un micro dynamique ou à ruban.
En revanche, même dans la gamme plus réduite de ce type de microphones, le panel de choix reste extrêmement large et il peut être difficile de s’y retrouver.
Qu’est-ce que je veux enregistrer ? Dans quel contexte ? Pour quelles productions ? Ce sont des questions auxquelles vous allez devoir répondre pour pouvoir faire le meilleur choix dans votre investissement.
Ce Top ne se veut pas exhaustif, mais il vous apportera une bonne base en vous présentant une liste de très bons micros pour des utilisations et à des prix différents.
Sennheiser E965, le micro parfait pour la scène.

Le Sennheiser E965 est un micro statique à condensateur destiné à la scène. Même si les micros dynamiques sont plus fréquemment utilisés pour la scène en raison de leur robustesse et de leur sensibilité moindre, les constructeurs ouvrent de plus en plus le marché aux micros statiques.
Il ne faut donc pas s’étonner de voir le Sennheiser E965 dans ce top.
Ce micro offre l’avantage de pouvoir alterner sa directivité entre cardioïde et supercardioïde. Il est particulièrement adapté au chant puisque ces deux types de directivités permettent de ne pas capter les sources sonores situées à l’arrière du micro. La réponse en fréquence est large, avec des aigus précis.
Vu ses caractéristiques, le Sennheiser E965 est particulièrement adapté au chant sur scène ouverte, avec du bruit autour. Pour du concert plus « précis », il pourrait être un peu déceptif.
Les avantages du Sennheiser E965
- Directivité commutable : cardioïde / supercardioïde.
- Robuste et bonne durabilité dans le temps.
- Présence d’un pad atténuateur -10dB.
- Large réponse fréquentielle avec un son précis.
- Jusqu’à 142dB/152dB d’entrée avant distorsion. Grande marge de manœuvre.
Les inconvénients du Sennheiser E965
- Présence de self-noise dérangeante quand la source est faible.
- Trop de « pop » en enregistrement à proximité.
- Son précis mais froid, peu de chaleur ou de grain.
AKG C414 XLII, le classique

Le AKG C414 XLII reprend la ligne du légendaire AKG C414, qui se négocie actuellement plusieurs milliers d’euros sur les sites spécialisés. Le pari est de proposer, pour un prix beaucoup plus abordable, la même qualité et la même polyvalence que ce dernier dans l’enregistrement.
L’AKG C414 XLII est un excellent microphone de studio. Il sera aussi bon pour enregistrer les voix, les instruments à cordes et les instruments à vents. Sa tolérance de pression acoustique de 158 dB le rend également bon sur l’enregistrement de la batterie.
Même si dans ce secteur, on l’utilisera surtout en couple pour enregistrer les overheads.
Ce micro s’utilise également sur scène, mais ce n’est pas là qu’il sera le meilleur, surtout si le style de musique engage plutôt un public bruyant. On le retrouvera plus à son aise pour capter des sons précis, de proximité.
L’un des seuls « défaut » de ce micro est la neutralité du son. Il n’est pas très coloré. Evidemment cela peut-être un avantage à bien des égards mais également déceptif pour un micro de cette gamme.
C’est pourquoi vous retrouverez cette caractéristique dans les avantages comme dans les inconvénients.
Les avantages de L’AKG C414 XLII
- 9 directivités réglables possibles dont : omni-directionnel, cardioïde, hypercardioïde, figure en 8.
- Robuste et très résistant.
- Fourni avec mallette et de nombreux accessoires : suspension, filtre anti-pop, etc.
- Rendu sonore excellent avec une large plage de réponse en fréquence (20hz-20Khz).
- Neutralité du son.
Les inconvénients de L’AKG C414 XLII
- Neutralité du son.
- Le prix, élevé.
- Le design, qui reprend la ligne de l’AKG C414. Le look vintage est appréciable mais pourquoi s’atteler à refaire les modèles du passé alors que les deux micros ne sont pas les mêmes ?
Sennheiser MKE2-EW Gold, LE micro-cravate de cette liste

A priori les micros-cravates sont plutôt utilisés pour les interviews, la télé, etc. Il est vrai que ce n’est pas vers ce genre de micro que l’on se tourne lorsque l’objectif est d’enregistrer un instrument. Et bien, il serait peut-être temps d’y réfléchir à deux fois.
En réalité, un micro-cravate de qualité comme le Sennheiser MKE2-EW Gold est très efficace pour les prises de son rapprochées. Il permet de saisir le corps de l’instrument ainsi que les détails moins perceptibles. Couplé à un micro plus global, il saura, par exemple, rendre à un violon toute sa splendeur.
Beaucoup de musiciens les utilisent en réalité sur les instruments à cordes, ou même pour les voix, car ils permettent également de garder constamment le même rapport de volume.
Dans cette gamme, le Sennheiser MKE2-EW Gold est une très bonne référence.
Les avantages du Sennheiser MKE2-EW Gold
- Facile à installer et à mettre en place.
- Bon rendu sonore.
- Bonne qualité de fabrication, le micro est solide et résistant.
- Meilleurs pour la voix que certains microphones destinés au studio.
- Agréable à porter, gêne très peu les mouvements.
Les inconvénients du Sennheiser MKE2-EW Gold
- Léger souffle.
- Une seule directivité possible : omnidirectionnel. Repisse possible en enregistrement à plusieurs instruments.
- Manque de clarté dans les aigus.
The t.Bone SC1100, le bon choix pour débuter

Dans la famille des micros à condensateur, il y en a pour tous les prix. Et comme ce Top ne se destine pas qu’à des professionnels de la musique, il est toujours utile d’y glisser une référence pour les petits budgets.
Des micros pas chers, il en existe pleins. Mais des micros qui permettent de faire un travail soigné, c’est plus rare. The t.bone SC1100 s’en sort très bien dans cette catégorie. Il vous permettra de donner un peu de vie à vos enregistrements avec des médiums assez chaleureux.
Côté pratique, c’est un micro assez lourd (quasi 1 kg), pensez donc à acheter un pied de micro qui tienne le choc.
Pas de filtre anti-pop fournit avec, mais une suspension. Et puis The t.bone SC1100 permet de choisir entre 3 directivités.
Seul hic, le bouton est sur le côté du micro, attention de ne pas le bouger en enregistrant.
Les avantages du The t.bone SC1100
- Livré avec suspension et mallette de transport.
- 3 directivités commutables : omnidirectionnel, figure en huit et cardioïde.
- Rendu des médiums de bonne qualité, son chaleureux.
- Bon rapport qualité/prix.
- Bon rendu sur des voix et sur les guitares.
Les inconvénients du The t.bone SC1100
- Mauvaise restitution des aigus et des basses.
- Bosse dans le spectre fréquentiel autour des 2-4Khz.
- Qualité insuffisante pour de l’enregistrement de maquette professionnelle.
Blue Bluebird SL, le bon compromis

Pour qui cherche un bon microphone polyvalent en milieu de gamme, le Bluebird de la marque Blue est idéal. Ce microphone à large membrane au look vintage (il faut aimer), présente une polyvalence assez exceptionnelle.
Que ce soit pour les voix, le chant, les instruments à vent, à corde, il retranscrit toujours très bien la dynamique et la couleur de l’instrument.
Sur la face avant du micro, vous trouverez un pad atténuateur -20 dB, ainsi qu’un filtre coupe-bas (12 dB à 100 Hz).
Le micro est fourni dans une belle boîte en bois avec une suspension adaptée. Petit conseil : la suspension est de mauvaise qualité, pensez à en acheter une plus adaptée.
Les avantages du Bluebird SL
- Très bon rendu sonore. Basses présente.
- Son chaud assez typé.
- Excellent rapport qualité/prix.
- Polyvalent. Aussi bon pour du podcast que pour l’enregistrement de divers instruments.
- Robuste, bonne qualité de fabrication.
Les inconvénients du Bluebird SL
- Aigus un peu agressifs.
- Suspension médiocre.
- Une seule directivité possible : cardioïde.
Comment choisir son microphone à condensateur ?

Le budget
Le premier élément à bien définir avant d’investir dans un microphone est le prix. Dans la catégorie des microphones à condensateurs, on trouve de tout : du gadget fabriqué en Chine pour une poignée de dollars au microphone professionnel qu’il ne faut même pas songer à sortir du studio.
Dans chaque catégorie de prix (entrée, milieu, haut de gamme), il y a du bon et du mauvais. Ce top vous a présenté des micros à des coûts variés, à vous de définir votre fourchette, pour savoir quel micro sera le meilleur dans cette gamme.
Pour enregistrer quoi ?
Evidemment, il n’y a pas de « meilleurs » micros. Tout dépend du contexte dans lequel vous comptez l’utiliser ! La question du budget doit donc évidemment se réfléchir en concomitance avec les projets sur lesquels vous comptez utiliser un micro.
S’agit-il d’un enregistrement de voix ? D’instrument ? Le micro va-t-il être utilisé loin de la source ? Pour capter des détails ? Entre un micro de studio et un micro de field recording, les différences seront énormes !
Quelle directivité ?
La question de la directivité du micro doit également être observée. Cela dépendra encore une fois de l’utilisation que vous souhaitez en faire. Si celle-ci est variable, optez pour un micro avec une directivité variable, comme certains de ce top.
Par exemple, pour de l’enregistrement d’ambiance en extérieur, il sera préférable d’opter pour une directivité omnidirectionnelle. Sur scène, un cardioïde ou supercardioïde sera plus adapté.
FAQ

Ai-je besoin d’une alimentation fantôme ?
Pour tous les microphones présentés dans cet article, vous aurez besoin d’une alimentation fantôme. Pour cela, vous aurez besoin d’une console de mixage, d’une carte son ou d’un préamplificateur capable d’envoyer une alimentation 48 V au micro.
Dois-je également acheter un préampli pour faire fonctionner mon micro ?
Tant que votre micro est alimenté (c’est-à-dire qu’il reçoit du courant électrique), vous n’avez pas besoin d’un préampli micro spécifique.
Le préampli de votre carte son peut-être bien faire l’affaire. Un préampli externe peut par contre apporter plus de grain, une nouvelle « couleur » aux enregistrements et améliorer la qualité.
Je n’y connais rien, comment faire mon choix ?
Outre le guide d’achat de cet article, il reste une chose indispensable à faire avant d’investir dans un micro : l’essayer.
Dans la mesure du possible, il est vraiment recommandé de pouvoir tester le micro dans lequel on souhaite investir. Un micro qui pourrait ravir un musicien ne correspondrait pas du tout à un autre. Dans une certaine mesure, ce n’est finalement qu’une question de goût.
Conclusion
Ce guide d’achat devrait vous avoir donné une bonne carte de repère dans la vaste jungle du monde des microphones à condensateurs. Puisque la plupart du temps, le micro est une des pièces centrales de la composition (sans micro pas d’enregistrement), il est important de savoir comment choisir le bon.
Bien sûr, cette liste ne se veut pas exhaustive. Mais elle permet tout de même de dresser un tableau plutôt fidèle des différents modèles que l’on peut trouver dans ce secteur.
Mention spéciale au Bluebird SL de chez Blue, qui se distingue par sa polyvalence et sa justesse.







