Aujourd’hui, quelques casques de studio proposent des options sans fil. Cette fonctionnalité apporte un côté très pratique à un outil qui n’en est pas moins spécialisé.
Là où l’on passe déjà toute la journée empêtré dans les câbles, il devient agréable de pouvoir simplement le retirer, quand cela est possible. Il peut alors, aussi, devenir un outil de loisir pour une utilisation plus quotidienne, en Bluetooth.
Cependant, tous ne vont pas convenir à toutes les utilisations.
Alors, quels sont ces modèles ? Sont-ils vraiment bien adaptés ? Voyons ensemble une sélection des casques les plus plébiscités et qui ont les meilleurs retours.
Vous allez voir que certains s’en sortent très bien dans cette catégorie, quand d’autres sont vite limitants.
Comparatif d’une sélection de casques
Notez déjà que tous les casques de studio référencés sur cette page sont des casques fermés, avec un design Circum-aural. Il semble qu’il y ait peu de casques ouverts sans fil.
L’AKG K-361-BT : Aussi à l’aise en studio qu’au quotidien
L’AKG K-361-BT reçoit de très bons retours sur la qualité de son qu’il propose pour son prix. Le spectre de fréquences restitué est très bien équilibré, bien qu’un peu moins neutre que certains autres modèles d’AKG.
Les convertisseurs ont tendance à rendre des basses un peu gonflées, lorsqu’il est utilisé en Bluetooth.
Néanmoins, pour une écoute de loisir, le résultat est intéressant et c’est un casque qui va plutôt bien s’en sortir sur ce terrain-là. Même si l’on peut lui reprocher un petit manque d’aération dans l’espace sonore.
Mais là où il semble pêcher, c’est sur la qualité de fabrication. Le système conçu pour pouvoir le plier est, à la fois, un de ses avantages et un de ses défauts, puisqu’il paraît un peu fragile.
Cependant, cet aspect est compensé par l’une des plus longues autonomies du marché et un micro intégré. Ce qui peut s’avérer pratique, même en studio.
Un micro intégré peut être très utile pour parler à un musicien isolé dans une cabine d’enregistrement, sans avoir à brancher un micro en plus à la console de mixage.
Ses points forts
- Un son de qualité et équilibré
- Utilisable en filaire
- Adaptateur jack 6,3 mm fournis
- Confortable et assez léger
- Micro intégré
Ses points faibles
- Les aigus peuvent devenir un peu criards avec un volume un peu élevé
- Impossible de réinitialiser l’appairage depuis le casque
- L’arceau est assez fragile
- Oreillettes un peu justes pour les grandes oreilles
Le AIAIAI TMA-2 Studio Wireless+ : Un casque taillé pour le studio, avec un mode faible latence
Ce casque propose, en plus d’une connexion Bluetooth ordinaire, un mode 2,4 GHz qui lui permet d’atteindre une latence de 16 ms. Ce qui est quand même un bel effort.
D’autant plus, qu’il affiche une autonomie étonnante de 80h en Bluetooth normal et peut capter une source audio jusqu’à 12 m de distance. Il intègre un micro et peut être utilisé en filaire (avec un câble torsadé fourni).
Voici donc un casque qui affiche de belles promesses et donne envie de s’y pencher plus en détail. Alors, qu’en est-il de la réalité ?
Pas de doute, ce casque offre un son neutre de qualité , clair et équilibré, très bien adapté au mixage. Sa très faible latence en 2,4 GHz est remarquée, car bien adaptée pour jouer d’un instrument en mode sans fil.
Ce casque est très confortable et, contrairement à certains, le remplacement des pièces est facile pour le rendre plus durable. Enfin, il est muni d’une fonction de mise en veille automatique du Bluetooth, au bout de 5 minutes d’inactivité.
Ses points forts
- Utilisable en filaire
- Son de qualité, neutre et clair, très bien pour le studio
- Mode faible latence, efficace
- Longue portée du Bluetooth
- Micro intégré
- Mise en veille automatique du Bluetooth
- Très confortable
Ses points faibles
- Le son sature un peu à volume élevé
- Impossible de désactiver la mise en veille automatique
- En filaire : mal adapté aux sources à faible voltage (type ordinateur portable)
Le Sennheiser HD 350BT : Le moins cher pour démarrer à petit budget, mais un peu limité
Une option si vous voulez un casque de studio sans fil, avec une bonne qualité de son, mais à petit budget pour démarrer. Mais attention, il n’est pas utilisable en filaire.
Il restitue un très bon son clair et profond. L’équilibre du spectre est préservé, il ne cherche pas à en rajouter, aussi bien dans les graves que dans les aigus.
Avec une bonne image stéréo, pour un casque fermé, il peut être intéressant pour de la composition ou de l’arrangement en MAO (Musique Assistée par ordinateur).
Du point de vue de l’isolation, il n’est pas dans les derniers. Il peut tout à fait être utilisé pour entendre un accompagnement pendant des prises de son sans avoir peur que cela ne s’entende dans le micro.
Si vous commencez à créer un home studio, avec un petit budget, et que vous avez d’autre matériel à acheter, vous pouvez envisager ce casque.
En effet, il vaudra peut-être mieux économiser sur le casque, pour investir un peu plus dans une bonne interface audio et de bonnes enceintes de monitoring.
Pour le prix, ce casque semble robuste. Il est personnalisable avec l’application Sennheiser Smart Control pour l’adapter à votre audition, si besoin, et à votre environnement.
Le micro intégré est plutôt bienvenu, l’autonomie sans fil est plus que correcte. Il peut concilier utilisation en home studio et utilisation quotidienne.
Petit défaut au niveau du confort : l’arceau serre un peu la tête, ce qui peut devenir inconfortable dans la durée.
Ses points forts
- Une qualité de son impressionnante pour le prix
- Une bonne image stéréo
- Une bonne isolation
- Très confortable, même avec des lunettes
- Micro intégré
Ses points faibles
- À noter qu’il n’est pas possible de l’utiliser en filaire ! À proscrire
pour le mixage et l’enregistrement (risque de latence), mais peut
convenir pour de l’arrangement - Manque un peu de puissance
- Pas de réduction de bruit
- Taille des oreillettes un peu justes
L’AKG K-371-BT : Le bon élève pour le studio
Ce K-371-BT peut faire un bon casque de monitoring. Le son est bien défini, on entend clairement les instruments. Le spectre de réponse en fréquences est très plat et le son conserve sa qualité même avec un volume un peu élevé.
En somme, si vous recherchez un casque de monitoring pour le studio, il remplira très bien sa fonction. On peut, éventuellement, lui reprocher un son un petit peu trop brillant.
Il sera aussi tout à fait capable de fournir une expérience agréable en écoute de loisir.
C’est un modèle sur lequel il n’y rien à redire concernant la qualité de rendu en filaire mais qui va être un peu à la traîne sur le rendu en Bluetooth.
Les codecs Bluetooth AAC qu’il utilise sont un peu obsolètes et on peut constater une différence perceptible avec l’utilisation en filaire.
En revanche, il se rattrape sur la qualité du récepteur puisqu’il capte sans problème, même en s’éloignant de la source.
Ses points forts
- Utilisable en filaire
- Adaptateur jack 6,3 mm fourni
- Un son très neutre
- Il est bien isolé
- Confortable même avec des lunettes
- Excellent rapport qualité / prix
Ses points faibles
- Un son un peu trop brillant
- Des codecs audio un peu dépassés
- Serre un peu la tête sur la durée
Shure AONIC 50 BK : Le plus polyvalent au quotidien
Le plus polyvalent de par le nombre de points positifs et les options qu’il propose. C’est un casque avec un son de qualité, sans aucun doute, avec une faible latence, mais qui souffre de quelques fuites.
Aucun problème pour enregistrer un instrument virtuel. Néanmoins, si vous recherchez un casque de studio pour un retour lors de prises de son, cela va être plus problématique.
Il fonctionne avec l’application ShurePlus Play qui propose un égaliseur paramétrique et permet de mettre à jour les codecs du casque. Le confort est au rendez-vous, même sur de longues périodes, et la qualité de conversion du signal également.
C’est un casque qui s’adresse aux personnes qui ont besoin d’un outil de travail fiable pour du mixage ou de la production musicale. Il correspond moins à des besoins d’enregistrement.
Ses points forts
- Utilisable en filaire
- Réponse en fréquence assez plate
- Malette de transport
- Possibilité de mettre le firmware à jour via l’application
ShurePlus Play - La latence est assez faible
- Bons convertisseurs en utilisation sans fil
- Suppression de bruit efficace
Ses points faibles
- Pas d’adaptateur jack 6,3 mm
- Produit un léger bourdonnement lorsqu’il est branché et que la
réduction de bruit est activée - Il n’est pas très bien isolé, ce qui peut occasionner des fuites de
son dans le micro lors de prises de son - Serre un peu pour les gens qui portent des lunettes
Audio-Technica ATH-M50XBT2 : Le mode faible latence et la plus longue autonomie
Si vous avez besoin d’un casque pour avoir un retour, sans fil, quand vous jouez ou que vous vous enregistrez celui-ci peut être une bonne option.
Il propose un mode faible latence. On peut donc, aussi, envisager de l’utiliser en Bluetooth dans un contexte de composition avec un clavier MIDI, par exemple.
Vous pouvez paramétrer l’égalisation grâce à l’application A-T Connect, de manière à vous régler un retour confortable.
Et, petite option bonus, cette application propose aussi une fonction de localisation qui permet de retrouver le casque lorsqu’on l’a perdu.
Côté qualité de son, c’est propre et précis avec une bonne image stéréo, ce qui peut être intéressant pour de la MAO.
Attention quand même, il n’est pas tout à fait neutre dans les basses fréquences. Ce qui peut être un avantage, pour un son flatteur, mais un inconvénient pour du mixage.
Enfin, il est confortable sur la durée et bénéficie d’une très bonne qualité de fabrication avec la plus grande autonomie, sans fil, de toute cette liste. Il n’annonce pas moins de 50h d’autonomie.
Si vous avez une utilisation intensive du sans fil, ce casque pourrait être un excellent choix.
Ses points forts
- Le son est précis
- Utilisable en filaire
- Sélection des codecs audio souhaités, dans l’application
- Meilleure définition des aigus avec les codecs LDAC
- Il garde en mémoire les sources appairées précédemment
- Boutons de contrôle directement sur le casque
- Excellente qualité de fabrication
Ses points faibles
- Pas tout à fait neutre comparé à d’autres modèles
- En Bluetooth, les aigus sont un peu trop forts et il y un manque de basses
- Il est un peu lourd
Comment choisir dans tout ça ?
La plage de fréquences reproduites (Bande Passante)
La bande passante ne devrait pas trop vous préoccuper. L’oreille humaine n’est capable d’entendre, en moyenne, que sur une plage de 20 Hz à 20 kHz.
L’essentiel est que cette plage soit couverte, ce qui est le cas de tous ces casques. Le reste est plus un argument marketing.
La réponse en fréquences
Par contre, si vous souhaitez faire du mixage, la neutralité du son
est de mise. La réponse en fréquences doit être aussi neutre que possible. Et, bien évidemment, le son doit être bien défini pour pouvoir entendre un maximum de détails.
Mais attention à la stéréo avec les casques fermés, encore plus qu’avec les casques ouverts. Même si certains, avec une bonne spatialisation, peuvent peut-être suffire pour de la composition ou de l’arrangement.
Pour des besoins de retour en session d’enregistrement, un son plutôt flatteur et généreux est bienvenu.
Cela peut, par exemple, aider un chanteur ou une chanteuse à se sentir plus à l’aise pour enregistrer. Un accompagnement mis en valeur offre aussi une expérience plus immersive.
La latence
Si vous comptez vous servir de votre casque pour de l’enregistrement, veillez à en choisir un qui peut être branché directement sur une sortie audio, avec un câble. Ce n’est pas le cas de tous.
En sans-fil, un mode faible latence est un minimum. Dans le cas contraire, cela risque fortement de générer trop de latence pour pouvoir jouer correctement.
Le jack 6,3mm
De même, pensez à avoir une fiche jack 6,3 mm ou un adaptateur. C’est le format de sortie de la plupart des interfaces audio et nous avons vu que les fiches 3,5 mm ne sont pas toujours fournies avec un adaptateur.
Dans ce cas, il faut prévoir d’en acheter un en plus.
Le confort physique et auditif
Lorsque l’on passe des heures en studio avec un casque sur les oreilles tous les jours, ou presque, le confort devient vite un critère important.
Un casque qui ne sert pas trop la tête, avec des coussinets moelleux,
dans une matière agréable, sont des composantes essentielles dans ce cas là.
Mais il faut aussi penser à la fatigue auditive, qui peut vite arriver avec des aigus un peu trop agressifs, ou des basses qui en font trop.
Une aparté pour ceux qui portent des lunettes : regardez les commentaires sur les casques qui vous intéressent pour avoir le ressenti d’autres utilisateurs à ce sujet. Certains casques sont plus adaptés que d’autres.
La mobilité
Si vous emmenez votre casque un peu partout, vous apprécierez d’avoir un casque qui se plie.
Certains, comme le Shure AONIC, sont fournis avec une boîte de transport solide. C’est encombrant mais assez indispensable quand il faut le charger avec des flightcases
Testez si vous pouvez
Enfin, si vous le pouvez, testez les casques avant de les acheter. Essayez-en plusieurs pour vous rendre compte des différences et de ce qui vous convient. Votre oreille est encore la meilleure juge.
Dans le cas contraire, les marques et modèles reconnus sont, en général, un choix de confiance. Prenez le temps de lire les avis et, éventuellement, des tests.
FAQ
Si vous vous posez encore des questions, voici quelques infos en plus qui pourront peut-être y répondre.
Comment connaître précisément la réponse en fréquences d’un casque ?
Vous pouvez trouver les courbes de réponse en fréquence dans la fiche technique ou le manuel du casque, mais vous pouvez souvent les trouver sur des sites de tests aussi. Ils effectuent des mesures de manière indépendante et plus transparente.
Puis-je mixer avec un casque de studio fermé ?
Oui, mais attention à l’image stéréo. Le casque est un bon outil pour une écoute détaillée et analytique du son, mais la stéréo est assez étroite en général.
Pour placer les instruments dans la panoramique, les casques ouverts seront plus adaptés car le son est moins contraint.
Ceci dit, plus globalement, des enceintes seront plus adaptées. Elles donneront beaucoup plus d’espace à la stéréo.
Est-ce que je peux utiliser mon casque en Bluetooth pour mixer ?
C’est déconseillé, car les convertisseurs numériques / analogiques des modules Bluetooth ne donnent pas grande satisfaction.
Pour le mixage, vous avez besoin de convertisseurs qui respectent vraiment le signal et ceux des interfaces audio externes sont bien plus performants.
En branchant directement votre casque, il recevra un signal analogique de qualité, converti par votre interface.
Pourquoi y a-t-il de tels écarts de prix ?
Il n’est pas forcément nécessaire de prendre du haut de gamme pour avoir un son qualitatif et respecté. Ce qui change, c’est la qualité des composants et des matériaux utilisés.
Est-ce que la réduction de bruit active est gênante pour mixer ?
Oui ! La réduction de bruit est obtenue en ajoutant le bruit de l’extérieur au son du casque, mais complètement hors phase. Ce qui, par définition, modifie le son.
Par conséquent, ce que vous entendez n’est pas le son originel, il a été modifié pour annuler le bruit ambiant grâce à un phénomène physique.
En conclusion
Nous avons eu un bon aperçu de l’offre, les avantages et inconvénients. Quelques casques de qualité proposent cette option sans fil, mais elle reste moins courante que sur les casques destinés à une écoute de loisir.
Néanmoins, pouvoir s’affranchir d’au moins un câble, quand la situation exige moins de rigueur, est très agréable.
C’est aussi une bonne solution si vous souhaitez avoir un casque qui satisfait à la fois une utilisation filaire en home studio, et une utilisation plus quotidienne en Bluetooth.
Par exemple, l’AKG K-361-BT, avec son micro intégré, semble être un bon choix. Il reçoit de très bon retours sur sa qualité de son, autant en filaire qu’en Bluetooth.








