Et si c’était vous, en première partie ! Après tout, quel artiste talentueux n’a pas démarré sa carrière en assurant la première partie d’une star ?
Prenez Van Halen, Metallica ou même… Led Zeppelin : ils ont tous démarré en ouverture d’un concert, avant de connaître la célébrité.
Car jouer en première partie est probablement le meilleur moyen de se faire voir, et entendre, dans l’idée de lancer sa carrière artistique.
Naturellement, pour y parvenir, il y a quelques conseils à suivre. Nous vous en proposons quelques-uns.
C’est quoi, une première partie ?
Nous sommes nombreux à avoir assisté à des concerts de musique.
Quel que soit votre style – du classique au métal, en passant par le jazz ou le hard rock et la variété – lorsque l’on va voir un artiste connu, il n’est pas rare d’avoir droit à une première partie.
Celle-ci vous est proposée pour faire monter l’ambiance, et la température, en vue du concert que vous êtes venu voir.
Le défi d’un artiste propulsé sur scène pour ouvrir le concert est qu’il se retrouve devant un public froid et doit, en souvent peu de temps, installer une ambiance chaleureuse. Le tout devant un auditoire qui n’est pas venu le voir spécialement.
Assurer la première partie a donc tout d’un défi : ratée, elle laisse une mauvaise impression. Mais a contrario, une première partie réussie est souvent synonyme d’un début de carrière ascendant.
Les circonstances d’une première partie sont prédéterminées : montant du cachet, temps de pré-concert, nombre de morceaux ou de chansons…
Si l’entente entre un artiste renommé et sa première partie est bonne et que la relation est de confiance, il est alors possible que la première partie soit la même pendant toute une tournée.
Ce qui constitue une occasion rêvée pour se faire entendre et connaître.
Comment se lancer en première partie ?
Bâtir une stratégie
Il est très probable que si vous réalisez la première partie d’un groupe, ou d’un artiste, votre popularité va augmenter et votre visibilité avec.
Mais qui allez-vous ouvrir ? Si vous envisagez quelqu’un qui est déjà très connu, ce sera mission impossible, à moins que vous n’ayez déjà une certaine notoriété.
L’idéal est de trouver quelqu’un qui a déjà émergé, et qui construit sa carrière : ce faisant, vous parviendrez à élargir votre audience et à structurer professionnellement votre réseau.
Si vous maîtrisez votre art, que vous soyez musicien ou chanteur – ou les deux – en solo ou en groupe, il faut vous lancer.
Le mieux est de trouver une première partie d’un artiste dont le style est proche de vous. C’est forcément plus simple d’un point de vue de la reconnaissance de jouer rock devant des fans qui attendent un concert de rock.
Style proche, ça ne signifie pas jeu identique. Mais les environnements musicaux doivent être voisins.
Le groupe américain Soundgarden, aux influences grunges, avait réalisé la première partie de Gun’s Roses à Paris-Vincennes en 1992 et les deux formations… jouent puissamment de la guitare dans un style assez « metal rock ».
Des univers musicaux aux antipodes entre l’ouverture et le concert risquent de créer un décalage qui génèrera de la frustration dans le public… et sera difficile à gérer sur scène pour vous.
Donc soyez inspiré : le mieux est peut-être de vous créer une liste d’artistes dont vous aimeriez assurer la première partie, sans viser trop haut, et en respectant une compatibilité artistique.
Fourbissez vos armes
De nos jours, un musicien ou un chanteur qui cherche à percer doit utiliser les outils qui sont à sa disposition. Et ils sont tout autant artistiques qu’électroniques.
Votre musique doit être visible sur les réseaux sociaux, sur les plates-formes musicales, sur les sites spécialisés. Créez des évènements sur Facebook, des vidéos sur YouTube, sur Instagram et Tiktok.
Vous devez également constituer un dossier de presse, en version papier et sous format électronique : vous y ferez figurer les éléments importants de votre jeune carrière.
Vos concerts, vos récompenses, vos produits musicaux, les articles qui parlent de vous, des émissions télé ou internet auxquelles vous avez participé, vos récompenses et distinctions…
N’hésitez pas à bâtir un site internet personnalisé, centré sur votre carrière et votre art, avec des vidéos de bonne qualité visuelle et sonore. Et faites-vous des cartes de visite avec votre numéro de téléphone et votre site internet.
Faire une ouverture
Vous avez confiance en vous, et vous savez avec quel genre d’artistes vous aimeriez travailler. A présent, il est temps de sortir du bois ! Est-ce que ceux dont vous souhaitez faire l’ouverture ont une actualité ? Un album et surtout… une tournée ?
La tournée, c’est pile ce qu’il vous faut pour exister comme première partie. Alors consultez l’agenda des artistes en tournée. Le plus simple, c’est de cibler des salles de votre région.
Parfois, les responsables des lieux de spectacle eux-mêmes ont la liberté du choix d’une première partie.
Alternativement, ils peuvent vous mettre en lien avec l’agent de l’artiste, ou son tourneur. Il faut y aller au culot : dire que vous êtes prêt à faire un essai, que vous avez de l’expérience, que vous avez déjà réalisé des (petits) concerts.
Bref, soyez convaincant. Vous allez devoir justifier que votre univers artistique est proche de celui ou celle dont vous souhaitez faire la première partie. Envoyez-leur votre kit promotionnel : press book, et échantillons de musique.
Votre réseau est indispensable
Même si vous n’êtes pas encore connu, vous devez structurer votre entourage en un réseau qui est amené à grossir. Anciens profs de musique, responsables de magasin artistique, autres artistes, faites feu de tout bois.
Annoncez la couleur : vous aimeriez faire une première partie. Car parfois, des tourneurs sont à la recherche d’une première partie.
Le Graal, c’est d’avoir dans son réseau un agent d’artistes, ou carrément un artiste à qui vous pourriez faire entendre votre musique ou vos chants.
A défaut, comme nous l’avons mentionné plus haut, ce n’est pas toujours l’artiste ou son agent qui décide d’une première partie. Essayez d’avoir dans votre réseau des gérants de salle, des promoteurs.
Dans l’hypothèse où vous jouissez déjà d’une petite réputation locale, peut-être que l’un d’entre eux sait qui vous êtes. Expliquez-leur que vous êtes partant pour assurer une première partie lorsque l’occasion se présentera.
Ça commence aujourd’hui !
Placez-vous
Il existe toujours, quel que soit l’endroit où vous habitez, des évènements musicaux : festivals en plein air, récitals, scènes ouvertes… Pourquoi ne pas y participer ?
Vous-même, allez voir des concerts près de chez vous, et essayez d’obtenir un petit moment backstage pour discuter avec un tourneur, des musiciens ou même la star du moment.
Soyez sympa, sans trop en faire. On aime les gens motivés, pas les lourdauds…
Soyez donc pragmatique. Si vous avez connaissance d’un concert à venir, il va vous falloir être proactif : mobilisez votre réseau pour savoir s’il y a une opportunité.
Appelez un agent, un booker ou un propriétaire de salle de spectacle, et proposez vos services pour faire partie du show.
Ça peut fonctionner si les planètes s’alignent car parfois, et c’est tout à fait véridique, les organisateurs d’un concert ou d’une tournée n’ont pas de première partie sous la main. Alors, pourquoi pas vous ?
Savoir rester humble
Vous devez accepter le fait qu’une première partie n’est en général pas rémunérateur le jour même ! Mais les conséquences peuvent être très bénéfiques, elles, à moyen terme.
Donc vous devez accepter de ne pas décrocher un cachet très important.
Imaginez que vous allez jouer devant un public forcément plus dense que votre propre auditoire, avec la possibilité d’entrer en contact avec des personnes qui pourraient booster votre carrière : presse, gérant de salle, agent, booker, responsable de label… ce serait donc dommage de refuser une première partie au motif que le cachet proposé est trop bas.
Faites le job : soyez bon
Veillez dans votre attitude à être systématiquement professionnel. Ce qui signifie que vous devez être réactif, ponctuel, courtois et respectueux.
Vous devez, en amont de votre première partie, apparaître aux yeux de tous vos interlocuteurs comme quelqu’un de fiable sur lequel on peut se reposer.
C’est important, car un concert ou une tournée, ce sont de très nombreux paramètres variables. Tout s’enchaîne et le moindre grain de sable peut désorganiser l’évènement lui-même.
Soyez une pièce maîtresse de ce dispositif et vous gagnerez la réputation de quelqu’un de solide, dans lequel on peut avoir confiance.
Assurez votre autopromotion
Vous êtes pressenti pour faire une première partie ? Parfait ! Maintenant c’est à vous de jouer.
Avant le concert, et pour maximiser l’impact qu’il pourrait avoir sur votre carrière, il vous faut le faire savoir. Car souvent les premières parties ne sont pas officiellement annoncées.
Utilisez les mêmes armes que celles qui vous ont permis de vous faire connaître. Envoyez à la presse un communiqué pour annoncer que vous allez être sur scène.
Écrivez à votre réseau et à votre mailing liste pour les informer. Notez sur vos réseaux sociaux le jour, l’endroit et l’heure de votre prestation. Indiquez que c’est vous qui assurez la première partie de X ou Y.
Et idéalement, pensez à vous faire filmer lors de votre première partie : ce sera une carte de visite à diffuser pour décupler votre notoriété.
Soyez sur scène, sans brûler les étapes
Pas simple de percer quand on part de zéro, ou presque. Une carrière se bâtit sur un temps long et il ne faut pas chercher à brûler les étapes.
Être la première partie d’un autre groupe ou d’un artiste n’est pas une fin en soi, mais un sérieux accélérateur de carrière musicale.
Pour faire une première partie, ne négligez pas les outils de networking qui sont aujourd’hui indispensables, à la fois à l’échelle globale – internet, réseaux sociaux – et locale – presse régionale, salles de spectacle dans votre ville.
Sachez vous faire connaître, aussi bien par vos talents artistiques que par vos qualités humaines. Quelque part, un artiste va avoir besoin de vous.





