Choisir un synthétiseur, c’est dénicher le meilleur produit parmi plus de 200 modèles, de qualité acceptable, proposés par une trentaine de grandes marques.
Et pour compliquer l’opération, sachez que le budget ne s’impose pas comme le critère déterminant.
Un synthétiseur bon marché n’est pas forcément dénué d’intérêt et les appareils les plus coûteux ne combleront pas nécessairement vos attentes.
Ce guide simple, mais complet, vous aidera à « acheter malin » en confrontant les caractéristiques techniques d’un synthétiseur à vos besoins réels. Ne vous faites plus piéger par le jargon et les arguments purement commerciaux.
Synthétiseur analogique ou synthétiseur numérique ?

Ce premier paramètre influence le type de sonorité que l’instrument va donner.
Les oreilles les plus sensibles feront ainsi la différence entre le son organique, chaleureux et naturel du synthétiseur analogique et celui plus propre et précis, mais préenregistré et artificiel, du synthétiseur numérique.
Ce résultat s’explique par le fait que le premier utilise le courant électrique pour générer le son tandis que le second s’appuie sur un système commandé par des microprocesseurs.
Vous l’aurez compris, le modèle numérique fournira une palette de sonorités plus large (des milliers sur certains modèles) que plusieurs musiciens recherchent prioritairement dans un synthétiseur.
Pour des raisons techniques (chaque son réclamant un circuit électrique dédié), l’analogique se contentera de quelques sonorités, mais en privilégiant l’authenticité.
Laissez-vous guider par votre ouïe
Dans l’absolu, aucun de ces deux types d’instruments n’est toutefois meilleur que l’autre.
Si vous envisagez d’utiliser votre synthétiseur comme un outil pour créer et arranger un morceau entier ou pour explorer plusieurs genres musicaux, le modèle analogique vous décevra malgré son prix et son prestige plus élevés.
Mais si vous n’avez besoin que de quelques types de son, le piano ou la basse par exemple, alors il apportera indéniablement un plus à votre jeu et à vos créations.
Il faut savoir que ces éléments doivent uniquement compter dans votre choix si vous entendez réellement une différence.
Sur les modèles récents (avec des filtres à effets analogiques ou oscillateurs digitaux) ou pour les oreilles inexpérimentées, cette dernière n’est pas forcément évidente.
N’y voyez aucune forme d’incompétence, privilégiez d’autres paramètres puisqu’ils en restent plusieurs.
Si l’indécision persiste, jetez un œil aux synthétiseurs hybrides qui essaient, avec plus ou moins de réussite selon le modèle, le meilleur des deux mondes.
Les caractéristiques des touches du synthétiseur
Nombres et dimensions

Le nombre de touches sur le synthétiseur aura un impact sur les possibilités de jeu, ses mensurations et éventuellement le prix.
La règle reste simple : plus l’instrument comptera de touches, plus les options s’étoffent. Un modèle standard possède ainsi 60 touches et comblera la plupart des besoins.
Dans le cas où votre appareil servira principalement à faire des leads ou des pads, 25 ou 37 touches suffiront.
Vous gagnerez alors en mobilité et en coût. Un tel modèle conviendra pour de la musique assistée par ordinateur.
Mais pour jouer des partitions, profiter de polyphonies plus poussées ou émuler un piano, il faudra choisir un modèle 88 touches.
La quasi-totalité des compositions pour piano a été conçue pour cette taille de clavier.
Les dimensions varient quant à elles des microtouches, aux grandes et moyennes. L’intérêt de la distinction porte toujours sur leurs conséquences sur le confort de jeu.
Les petites touches exigent moins d’écartements des doigts. Ils peuvent attirer particulièrement les enfants ou les musiciens à la recherche d’un synthétiseur peu encombrant pour des sons jouables avec une seule main.
Sensibilité et résistance

La sensibilité ou le dynamisme des touches constituent des critères essentiels pour le choix d’un synthétiseur puisqu’ils agiront sur la précision et l’expressivité de votre jeu.
Un bon synthétiseur devrait vous permettre de jouer sur la vitesse et la force des frappes. Ces touches sensibles à la vélocité sont indispensables pour avoir une sensation de jeu similaire à celle d’un piano acoustique.
Cette caractéristique apporte une polyvalence à votre synthétiseur et conditionne votre évolution en tant que musicien si vous ne disposez d’aucun autre clavier ou piano.
Concernant les sons synthétiques, il vous donne accès à la possibilité de contrôler la profondeur des effets appliqués. En fonction de la pression, ceux-ci seront plus ou moins prononcés en matière de vibrato, de timbre ou de volume.
En outre, les touches de synthétiseur peuvent offrir une certaine résistance pour un rendu encore plus proche de celui d’un piano acoustique. Elles varieront alors des lourdes aux lestées ou semi-lestées.
Les deux dernières technologies s’appuient sur un marteau incorporé qui va taper sur un capteur numérique à la manière d’une touche de piano frappant la corde. Le réalisme monte ainsi d’un cran.
Les synthétiseurs les plus avancés vont même jusqu’à rendre possible la modulation du son par la modification de la pression initiale sur la touche grâce à la capacité « aftertouch ».
Dans tous les cas, cette résistance vous aidera à nuancer votre jeu tout en améliorant les sensations.
Au toucher, le plaisir dépassera toujours celui procuré par des touches creuses à l’effet « plastique » même si pour de la musique assistée par ordinateur, ces dernières feront le travail. Les logiciels se chargeront, en effet, d’ajuster les profondeurs de son.
Le nombre de voix : la polyphonie
La polyphonie du synthétiseur désigne sa capacité à jouer plusieurs notes simultanément.
La plupart des modèles polyphoniques gèrent ainsi jusqu’à 64, voire 128 voix.
Vous devez ici faire attention à distinguer le nombre de voix, souvent retenu par les fabricants, et le nombre de notes sachant qu’une note peut, sur un synthétiseur, comporter plusieurs voix.
Ce paramètre a des effets sur la polyvalence de l’instrument ainsi que la richesse de votre jeu et de vos créations.
En plus des accords et des jeux à deux mains, que vous ne pourrez pas faire sur un synthétiseur monophonique, un synthétiseur polyphonique doit permettre d’ajouter des effets, de vous faire accompagner (jeu à quatre mains, rythmes ou même orchestration) ou encore d’utiliser la pédale.
Certains modèles vous autorisent également à assigner plusieurs notes à une seule touche.
Un synthétiseur monophonique ne fera ressortir quant à lui qu’une seule note à la fois même si vous appuyez sur plusieurs.
S’il est plus limité en termes de possibilité, ce type de synthétiseur attire de nombreux musiciens grâce à un son réputé puissant et complexe. Ces qualités s’expliquent par le fait que le système concentre ses ressources sur une seule note.
Le modèle monophonique, surtout s’il est analogique, excelle ainsi dans les jeux de basse et les leads.
Les fonctionnalités et modules
Les modules et les fonctionnalités d’un synthétiseur influencent les possibilités de création et de composition que l’appareil vous offrira. Ils impactent en même temps le prix.
Vous devez ainsi rechercher l’équilibre en fonction de vos besoins actuels et futurs.
La richesse et le niveau de contrôle de ces modules varient selon le modèle de synthétiseur. Parmi les modules les plus importants figurent :
- Les oscillateurs : ils servent à moduler les voix et notes afin d’effectuer des chorus, du trémolo ou des effets vibrato ;
- Les filtres ou filtres de contrôle de voltage (VCF) sur les analogiques : pour traiter les sons en filtrant certaines fréquences ;
- L’amplificateur ou amplificateur de contrôle de voltage (VCA) sur les analogiques : pour amplifier le signal et varier le volume du son ;
- Le générateur d’enveloppes : pour contrôler la modulation et faire vivre le son dans le temps ;
- L’arpégiateur : pour créer et faire jouer un arpège grâce à une touche du clavier ;
- Les effets : pour donner des couleurs aux sons ou modifier sa résonance ;
Par ailleurs, les synthétiseurs récents intègrent des sonorités prêtes à l’emploi et des plug-ins d’instruments dont le nombre varie selon la gamme.
Ces fonctionnalités peuvent vous faciliter la tâche si vous débutez ou si vous n’avez pas le temps de tout créer et contrôler.
D’autres options comme la présence de pads ou d’une mémoire interne méritent aussi votre attention.
Synthétiseur modulaire ou tout-en-un ?

Ce paramètre concerne la manière dont les modules susmentionnés sont proposés par les fabricants. Sur un synthétiseur « tout-en-un », ces modules sont intégrés et gérés par l’appareil. L’exhaustivité varie logiquement d’un synthétiseur à un autre.
Mais en optant pour ces modèles, les plus courants sur le marché, vous écartez tout risque de vous retrouver privé d’un module essentiel. Vous aurez, au passage, de quoi voir venir en cas d’évolution de vos besoins musicaux.
Sur un synthétiseur modulaire, les éléments en question sont indépendants. Vous aurez à acheter chaque module, de différentes marques si vous le souhaitez, et à les interconnecter selon vos besoins.
Il s’agit d’une option destinée aux musiciens expérimentés qui recherchent des éléments bien déterminés pour répondre à des exigences très précises.
L’avantage réside dans une qualité de production sonore plus élevée, dans l’optimisation des coûts et dans la personnalisation de l’instrument qui pourrait être unique en son genre.
À mi-chemin, vous pouvez aussi trouver des synthétiseurs semi-modulaires. Les modules compatibles, parfois précâblés et préconnectés, sont alors déterminés par les fabricants eux-mêmes.
Dans la même logique, vous trouverez des synthétiseurs dits « desktop ». Dépourvus de clavier, ils doivent être associés à un clavier maître.
Les connectiques
L’indispensable MIDI

En tant qu’instrument destiné, pour l’essentiel à générer et enregistrer des sons, un synthétiseur doit pouvoir interagir avec d’autres outils. Une connectivité MIDI (Musical Instrument Digital Interface) constitue ainsi un critère incontournable.
Un bon synthétiseur offre au moins deux bornes MIDI : IN et OUT. La première (IN) permet à votre synthétiseur de recevoir des données depuis d’autres appareils (ordinateurs, modules externes, …).
Avec la borne OUT, vous pourrez envoyer des données à des appareils externes (réglages, compositions, pilotage de logiciel …).
Certains synthétiseurs disposent d’une borne THRU qui permet de retransmettre fidèlement les données venant d’autres instruments compatibles MIDI.
Autres connectiques pour le confort

D’autres connectiques, sans être indispensables pour tous les musiciens, vous apporteront un certain confort d’utilisation.
C’est le cas de la sortie casque, pour jouer sans déranger et sans être dérangé, ou au contraire, des sorties lignes pour exploiter des haut-parleurs externes.
Ces sorties lignes s’utilisent, en outre, pour un branchement avec des interfaces externes. C’est également le cas des entrées microphones et des entrées pour pédales.
Les bons synthétiseurs embarquent aussi des ports USB sur lesquels vous pourrez connecter des supports de type Clé USB ou lecteur MP3 (USB to device) ou alors votre ordinateur et interface audio USB.
Sur les modèles de dernier cri, vous trouverez même une connectivité Wi-Fi et Bluetooth.
Les meilleures marques
S’il reste difficile de baser uniquement le choix d’un synthétiseur sur la marque, certains fabricants se démarquent par leur prestige et leur renommée.
Vous pouvez ainsi leur faire confiance concernant la qualité de fabrication et la précision des modules de contrôle.
À titre indicatif, les marques de synthétiseur suivantes devraient figurer sur votre liste :
- Korg : appréciée par de nombreux professionnels de musique électronique, sa réputation qui n’est plus à faire ;
- Moog : pour les modèles vintages et analogiques puissants ;
- Behringer : la marque qui monte en puissance avec des prix abordables, elle s’est fait comme spécialité d’imiter les modèles légendaires ;
- Arturia : l’une des marques françaises de référence ;
- Sequential : spécialiste de l’analogique et pionnière de la polyphonie programmable.
Conclusions

Pour bien choisir votre synthétiseur, évaluez ainsi préalablement vos besoins et faites confiance à vos oreilles.
Ne cherchez pas à acheter un modèle compliqué et cher si vous n’entendez ou ne percevez pas encore la différence avec un autre synthétiseur de milieu de gamme. Cela fait partie de l’apprentissage.
Pour débuter, il est ainsi préférable de favoriser la polyvalence sans se ruiner (meilleur rapport fonctionnalités/prix).
Un synthétiseur numérique ou hybride polyphonique de 37 touches, ou plus si le budget le permet, avec des touches sensibles, l’essentiel des modules et des connectiques complets devrait convenir.
Essayez par exemple la Korg Minilogue XD pour bien découvrir le fonctionnement et le potentiel d’un synthétiseur, avant de passer à un modèle plus grand et plus coûteux.







