La majorité des musiciens jouant de la guitare électrique font tout pour rechercher un son unique. Il faut dire qu’une guitare ou une basse électrique offre des possibilités de customisation infinies, si on considère tout ce à quoi on peut toucher : pédales, cordes, amplis…mais on songe plus rarement à chercher la personnalisation à la source, du côté des micros.
Et pourtant, avec un peu d’habileté et beaucoup de curiosité, il y a de quoi tester bien des possibilités sonores rien qu’en essayant divers micros. Parmi les diverses spécificités de ceux-ci, une des plus importantes est à connaître : micro passif ou actif ?
Intéressons-nous aux différences entre ces deux grands types de micros, et à ce qu’ils induisent sur le son selon leurs caractéristiques.
Présentation brève des micros actifs et micros passifs

Pendant longtemps, il n’y eut que des micros passifs. On en connaît très bien le fonctionnement, qui a peu évolué malgré des variantes parfois très sensibles.
Une série d’aimants (un par corde) pour les micros simples, un seul pour les micros doubles, entourés par respectivement une et deux bobines de cuivre crée un champ magnétique propre à transmettre l’induction électromagnétique correspondant à la vibration des cordes.
Dans les années 70, on a parfois adjoint à ce système un préampli alimenté électriquement, afin d’obtenir des sons plus puissants et plus malléables, plus propres.
On a alors différencié ces micros dits « actifs » des autres, devenus des micros « passifs » par opposition aux petits nouveaux. Mais nous allons voir que le saut technologique est encore aujourd’hui loin d’être une évidence pour tout le monde.
Quelles sont les principales différences entre un micro actif et un micro passif ?
Leur influence sur le son
Malgré leurs limites et les petits défauts bien connus dont ils font preuve, les micros passifs gardent une place de choix dans le cœur des guitaristes. Il y a au moins une raison un peu culturelle à cela.
En effet, le rock, et tous les styles musicaux nés avec la guitare électrique, s’est longtemps passé de micros actifs. Des groupes mythiques se sont forgés une personnalité, un son, avec des micros passifs. Conserver ce son, pour beaucoup de guitaristes rechercher le son des origines.
Ce que certains considéraient comme des défauts à corriger sont alors perçus comme des éléments de son à part entière. De manière générale, les micros passifs sont plus proches du son brut de la guitare elle-même. Ils sont jugés plus respectueux des caractéristiques de la guitare, du bois utilisé, et du jeu du musicien.
Les micros actifs sont eux plus puissants, plus aptes à supporter les distorsions et les fortes montées en volume. Ils présentent aussi moins de risques de créer des bruits de fond. Il leur est parfois reproché de donner un grain « synthétique » au son, moins personnalisé.
Plus neutre, le son est aussi nettement moins soumis aux conditions extérieures. C’est donc intéressant pour les musiciens qui ont besoin d’homogénéité et d’un son propre et prévisible.
L’énergie requise

Parce qu’ils renferment un préamplificateur et souvent des EQ intégrés, les micros actifs ont besoin d’une alimentation externe sous la forme d’une batterie 9 V, parfois de deux pour un système 18 V. Cela implique des contraintes, car outre leur encombrement légèrement supérieur, les micros actifs peuvent tout simplement tomber en panne.
Quant aux micros passifs, seule l’induction électromagnétique des cordes vibrantes est nécessaire à leur fonctionnement. Ils n’ont donc pas besoin d’alimentation extérieure. Cette rusticité est un avantage salué par les inconditionnels du micro passif.
Leur niveau de sortie
De manière brute, les micros actifs ont un niveau de sortie incontestablement supérieur par rapport aux micros passifs. Par conséquent, il en résulte un signal plus fort, mais également plus propre.
Cela est dû au fait que la force du signal résulte en grande partie d’une amplification gérée par le préampli intégré. La propreté du son est elle due au fait que les aimants sont plus petits, moins puissants, et donc moins susceptibles de générer des interférences.
Le niveau de sortie plus faible des micros passifs implique certes un signal moins puissant, et plus sensible aux interférences si on le pousse un peu trop. Mais le son qui en résulte est réputé plus chaud et plus dynamique, typiquement analogique, ce qui reste recherché par beaucoup de guitaristes.
Les bruits qu’ils génèrent

Du fait de la puissance des aimants dont ils ont besoin pour capter et amplifier, sans aide, le signal émis par la corde vibrante, les micros passifs ont tendance à saisir des interférences difficilement atténuables. Ceci étant dit, ceux qui s’en servent le savent bien, ces bruits de fond sont souvent assumés.
Les micros actifs sont amplement moins sujets à ces interférences. En effet, leur signal étant en grande partie amplifié par le préampli, ils disposent d’aimants bien moins puissants et sont moins sensibles aux bruits de fond.
Les possibilités de travail du son

Bien plus qu’une évolution, l’arrivée des micros actifs a permis deux approches différentes. Avec un micro passif, la gestion du son se passe en quelque sorte « en amont ». C’est-à-dire en anticipant sur le matériel, la manière de jouer, le bois de la guitare, car tous ces paramètres seront respectés par le micro.
Le micro passif restera d’une fidélité exemplaire, conservant également les défauts, au bénéfice peut-être de plus de musicalité et d’authenticité.
Le micro actif , avec son préampli et ses égaliseurs, fait en quelque sorte l’inverse. En gommant l’essentiel des défauts du signal, ce dernier devient plus malléable. Il est alors comme pris en main par le préampli, et c’est à partir de ce signal un peu lissé que le travail du son commence.
À partir de là, les possibilités deviennent en revanche presque illimitées, car le micro peut supporter à peu près tout, y compris les distorsions et saturations les plus poussées d’un répertoire plus lourd. Cette approche moins fidèle peut s’avérer plus riche et adaptée à un excellent son pour le métal.
En somme, s’il est possible aussi bien d’ajouter que de retirer quelque chose du signal d’un micro actif, il n’est possible que de retrancher de l’aigu ou du grave du signal d’un micro passif. Dans bien des cas cependant, cela peut suffire, tout dépend du besoin.
Le style de musique abordé

Les caractéristiques des micros passifs ou actifs se rapportent clairement à certains styles musicaux, surtout parmi les plus tranchés. Par exemple, il est assez évident que les styles musicaux phares des années 50 et 60, tels que le blues ou le premier rock (Elvis, les Beatles…) sont le terrain de jeu des micros passifs.
Outre le fait que les micros actifs n’existaient pas encore, on ne peut que constater que nos oreilles ont associé le son chaleureux et imparfait des micros passif à ce répertoire.
Pour ce qui est des micros actifs, ils sont assez logiquement majoritaires dans les répertoires plus récents et surtout plus musclés, de type métal ou pop-rock, et plus globalement dès lors qu’une grande configuration scénique impose l’utilisation de longs câbles. Entre les deux, le choix des micros relève avant tout du choix du musicien.
Notre avis sur les micros actifs

Quels sont les avantages d’un micro actif ?
- La clarté tonale est accrue
- Meilleure stabilité à différents volumes
- Ils sont idéaux pour les longs câbles
- Ils sont à privilégier si on souhaite pousser l’ampli jusqu’à saturation
- Plage de fréquences plus étendue et marge de volume plus importante
Quels sont les inconvénients d’un micro actif ?
- Rendu sonore plus neutre, idéal pour la performance mais moins pour la finesse musicale
- Pas de compatibilité avec les micros passifs
- Nécessitent une pile pour fonctionner.
À qui recommande-t-on un micro actif ?
Un micro actif est particulièrement recommandé à un bassiste. En effet, il apportera une attaque nettement plus marquée, et un potentiel de sustain bien supérieur à un micro passif.
Les mêmes raisons pousseront les amateurs de gros son, hard rock ou métal par exemple, à s’orienter quasiment systématiquement vers les micros actifs, d’autant plus qu’ils profiteront de leur bonne capacité à absorber les grosses saturations et les fortes montées en volume.
Si on veut être plus technique, on soulignera que les basses 6 cordes, du fait de réponses en fréquence plus fines, se comporteront bien mieux avec des micros actifs.
Enfin, les musiciens désireux de pouvoir appliquer de grosses modifications facilement en sortie de session privilégieront les micros actifs, pour leur capacité à accueillir des EQs (jusqu’à trois bandes) pour un travail du son vraiment poussé.
Notre Avis sur les micro passifs

Quels sont les avantages d’un micro passif ?
- Son analogique plein de chaleur, très dynamique
- Grande fidélité
- Fonctionne sans apport électrique extérieur
- Plus simples à changer soi-même et plus robustes
Quels sont les inconvénients d’un micro passif ?
- Soumis au phénomène de « String pull », affectant potentiellement le sustain et le son
- Les aimants, plus gros, sont plus sensibles aux interférences
- Supportent mal les grosses saturations et les fortes montées en volume.
A qui recommande-t-on un micro passif ?
Un micro passif est recommandé à la plupart des guitaristes jouant des modèles et un répertoire plutôt rock, soul, ou de slap brutal. Il est aussi préférable de jouer une guitare d’entrée ou de moyenne gamme avec des micros passifs, car ils ont tendance à colorer le son, à lui donner un grain intéressant. Ils sont donc un choix prioritaire pour les débutants.
Les guitaristes chevronnés peuvent tout essayer, mais apprécient souvent les micros passifs leur permettant de modeler un son plus personnalisé, plus typé.
FAQ
Comment reconnaître une basse ou une guitare active ?
Une basse ou une guitare dite « active » est équipée de micros actifs. Par conséquent, il suffit de regarder derrière, sous les plaques de recouvrement. Si des piles s’y trouvent, c’est que cet instrument est équipé de micros actifs.
Pour la scène, je ne peux pas faire autrement qu’avec des câbles longs, voire très longs. Quel micro choisir ?
Au vu de la faible impédance et de la clarté du signal des micros actifs, ils peuvent supporter sans broncher les câbles de grande longueur. À l’inverse, les micros passifs envoyant un signal brut, non amplifié, verront ce signal se détériorer au sein d’un câble trop long pour eux. Cette contrainte implique à elle seule de privilégier des micros actifs.
Que faire d’un micro actif si la batterie est en fin de vie ?
Il est vrai que les batteries sont un peu le point faible des micros actifs. En effet, la très grande majorité des micros actifs cesseront purement et simplement de fonctionner si les batteries lâchent.
Une seule chose à faire : changer la batterie. Gardez à l’esprit que les batteries, selon les modèles, l’usage et les conditions de stockage, ont vocation à durer entre six mois et un an. À la veille d’un concert important, testez le micro et pensez aussi à conserver à proximité immédiate des batteries de rechange.
Idéalement, mettez toujours des piles neuves au début d’une session ou d’un concert, et conservez les batteries déclinantes pour votre travail personnel. Enfin, pour préserver la durée de vie de votre batterie, pensez toujours à débrancher votre guitare ou votre basse active dès qu’elle ne sert plus.







