Une production audio par un studio professionnel peut être très coûteuse. Pour la phase d’arrangement et de correction, un technicien en mastering peut vous charger au moins 300 dollars pour une piste.
Avec l’avancée des technologies de pointe, il est devenu très difficile de rentabiliser une production musicale eu égard aux nombreuses possibilités de trafic illicite ou de téléchargements illégaux.
En conséquence, il devient impérieux de minimiser les coûts de votre production. Savez-vous que vous pouvez créer votre propre mastering sans dépenser un seul centime ? Vous y gagneriez très certainement en temps, en qualité et en rentabilité.
De la prose de départ à l’envoi à votre maison de production, il existe un parcours simple pour concevoir soi-même sa réalisation.

Tout savoir sur le mastering
Le mastering est le processus final de la postproduction audio. Il vise à conférer une parfaite harmonie entre les éléments sonores du mix, d’annihiler les bruits de fond, d’arranger les pics de volume et d’optimiser le fichier pour une lecture sur tout type d’équipement.
Il est possible de faire un mastering audio correct sans recourir à des logiciels spécialisés. Un bon mastering traditionnel repose sur une maîtrise de l’égalisation, la compression, la limitation et l’élargissement stéréo.
Faites votre mastering comme un pro en 6 étapes
1. Préparez tout le matériel et les ingrédients dont vous aurez besoin
Lorsque vous avez terminé votre chanson, la première étape consiste à l’exporter tout en conservant sa qualité sonore. En effet, votre piste sera compressée à l’aboutissement en format MP3 et perdra sa qualité d’écoute.
En conséquence, je vous conseille de privilégier une exportation en fichier WAV de type 24 bits avec une fréquence comprise entre 48 et 96 kHz.
Il est également nécessaire de rechercher une ou plusieurs pistes de référence du même style musical que votre morceau. Il faut veiller à ce que ce modèle ait un bon mixage, et soit de préférence réalisée par un professionnel.
Je vous recommande aussi de prévoir un bounce avec un headroom dont les pics de volume pourraient atteindre -12 décibels.
Une fois le matériel en place, vous devez ouvrir une nouvelle session de DAW et y importer votre fichier sur lequel vous allez travailler. En sus de votre morceau, vous pouvez charger le modèle de référence afin d’y analyser le niveau du son, la clarté ou la compression adoptée.

2. Corrigez votre mix
L’importation du bounce vous permet de détecter les petites imperfections et les écarts de volume du fichier. Pour parfaire ces réglages, vous pouvez alors corriger les pics de volume en baissant le niveau grâce à des automations.
Toutefois, il faut faire preuve d’une grande précision et d’une relative subtilité afin d’avoir un rendu impeccable.
Néanmoins, il existe une meilleure approche plus efficace que j’ai développée par expérience. Cette technique est très plébiscitée et aura valu une comparaison équivalente à des logiciels comme emastered.
En réalité, cette méthode manuelle reprend le procédé automatique créé par le logiciel. D’ailleurs, c’est la clé du succès ayant servi à masteriser l’album 1989 de Taylor Swift ou encore le fameux titre « Born this way » de Lady Gaga par Clinton Sparks (récompensé aux Grammy Awards).
Ainsi, au lieu d’opérer une correction post-mixage, on fait plutôt intervenir le correctif pendant la phase de mixage. Le grand avantage de cette opération est de gagner en qualité, car le processus n’affecte que la piste touchée et non pas l’ensemble des instrus.
3. Améliorez votre son dans sa globalité
Transformez le rendu qualitatif
Cette étape n’est pas forcément indispensable. Elle n’est nécessaire que si le rendu est perfectible. Vous pouvez vous rendre compte que le son manque de vibration et que votre EQ n’est pas suffisant pour lui adjoindre une juste résonance.
Le cas échéant, l’amélioration globale de votre son passe par plusieurs ajustements :
- Exploitez un excitateur des harmoniques pour créer une bonne distorsion ;
- Conservez une largeur stéréo acceptable ;
- Créez un boost pour les subBass en particulier ceux qui se trouvent en deçà de 60Hz ;
- Transformez le rendu de la spatialisation.

Appliquer un égaliseur soustractif ou un égaliseur additif
Si vous identifiez des fréquences gênantes dans votre fichier, il faut y appliquer un EQ soustractif en enlevant les basses grâce à un HPF. Vous pouvez essayer la méthode du balayage pour retrouver automatiquement les fréquences discordantes.
Bien qu’il soit possible de diminuer plus de 3 dB, je vous conseille de ne pas aller en deçà de 1 dB : le résultat obtenu via cette astuce simple est extrêmement bluffant.
Dans tous les cas, l’EQ est une solution très recommandée pour le mastering. Certains experts comme Craig Anderton estiment qu’il représente à 90 % la clé de voûte du mastering.
D’ailleurs, il préconise que pour produire les meilleures stimulations de fréquence, il faut ajuster le gain de fréquence au niveau audible acclimaté pour l’ouïe puis réduire l’ajustement de moitié.
Réaliser la compression idéale
Pour ne pas dénaturer votre piste originale, il faut éviter des retouches trop brusques et profondes comme un make-up ou une compression agressive.
Le taux de compression idéal largement utilisé par les techniciens du son est de l’ordre d’un ratio de 1,5 : 1 avec une attaque lente de 30 millisecondes ou plus. Vous pouvez effectuer votre compression en visant 2 dB de réduction de gain.
Dopez votre son
Au-delà de la qualité du rendu, un bon son masterisé doit offrir une solide tonalité et résonance sans déteindre en qualité. Il faut agir sur les zones faibles grâce à un compresseur multi-bandes.
Vous devez aussi réévaluer la dynamique globale en faisant attention à ne pas dénaturer le son original. Pour ce qui concerne la hauteur des crêtes, vous pouvez faire usage du soft-clippin.
Il demeure très important de conserver un volume qui ne transgresse jamais le seuil de -0,1 dB, autrement votre son sera rempli de bruits. Vous pouvez configurer votre limiteur pour ne pas dépasser la saturation audible.
Pour ce faire, la sortie output du limiteur doit être toujours différente de 0 (depuis plusieurs années de mastering, j’utilise personnellement la valeur -0,1). Vous pouvez ensuite ajuster l’input jusqu’à avoir une réduction de gain comprise entre 2 et 4 dB. Votre morceau de référence est le meilleur indicateur du niveau de volume qui convient pour votre son.
Toutefois, il n’est pas rare de ne pas obtenir une chanson vive, forte et tenante même au-delà de 4 dB. Dans ce cas de figure, il faut simplement changer votre limiteur et chercher à nouveau le bon paramétrage.

4. Apportez les finitions parfaites
Il existe certains extras à connaître pour éviter que votre compil ne soit dénaturée lors de la lecture.
En effet, certains lecteurs rembobinent certaines séquences. De ce fait, je conseille généralement d’ajouter quelques petits temps de latence d’environ 0,5 à 1 seconde au début de la piste.
Enregistrez votre création en y renseignant les méta informations comme le titre du morceau, les données sur l’artiste ou encore le tempo, la tonalité, la fréquence, etc.
5. Exporter sa création
Il existe plusieurs formats d’exportation pour votre fichier en fonction des besoins.
- La version haute définition : WAVE, 96 kHz, 32 bits ;
- La version CD : WAVE, 44.1 kHz, 16 bits ;
- La version pour une large diffusion sur internet : MP3, 320 kbit/s.
6. Testez votre chef-d’œuvre
Après la conversion du fichier, il est important de les tester vous-même avant de le diffuser par les canaux. À cette étape, le fichier de référence masterisé par un professionnel est essentiel pour effectuer une bonne comparaison entre vos prouesses et celles d’un expert.
Pour ma part, je m’assure d’expérimenter mes pistes sur différents supports et enceintes, car le rendu peut être très différent d’un équipement à un autre.
Mieux, plusieurs spécialistes témoignent que pour être capable d’apprécier sa propre œuvre à sa juste valeur, il faut une certaine distanciation et de la hauteur dans l’évaluation. De ce fait, je recommande souvent de laisser reposer les oreilles puis d’écouter son morceau plusieurs jours après le mastering avant de le valider définitivement.
Il n’est pas toujours évident de réussir son mastering dès la première tentative. Si vous y découvrez certaines insuffisances, reprenez avec courage et persévérance les étapes phares (égalisation, compression, saturation) et corrigez les petits ratés.
Écoutez avec soin et grande attention vos pistes afin de déceler les défauts sonores à rectifier. Cependant, si vous n’y trouvez aucune irrégularité, il est préférable de ne rien toucher au risque de créer de mauvaises transformations. Laissez-vous guider par votre âme d’artiste.







